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ETUDES ET ESSAIS > LES BASIQUES > LA MUSIQUE ELECTRONIQUE > BIBLIOGRAPHIE
   
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Bibliographie







Le symbole Ö avant ou après un mot indique un lien vers une autre fiche des " Les Basiques : La musique électronique ? ".




  • ATTALI Jacques, Bruits, essai sur l’économique politique de la musique, Paris, Presses Universitaires de France, 1977, réédition Presses Universitaires de France, 2001, Le livre de poche, 2007

    Ce livre de référence analyse brillamment l’histoire de la musique sous un angle économique et politique, depuis l’Antiquité jusqu'à nos jours. Ni ouvrage musicologique, ni traité sociologique savant, Bruits décrit comment la musique accompagne, voire précède, l'évolution de la société. Jacques Attali égrène les pages de l'ère occidentale dans un constant va-et-vient entre musique, pouvoir et argent ; de la liturgie comme symbole du rituel à l'émergence du téléchargement de la musique sur le web, annonciateur d'une nouvelle forme de capitalisme culturel. Cependant, il est important de préciser que la nouvelle édition de cet ouvrage, parue en 2001, comporte de très nombreuses erreurs et approximations lorsque l’auteur aborde la musique électronique et le hip hop des années 1990.



  • BLOT David, COUSIN Mathias, Le chant de la machine, Paris, Delcourt, 2000, réédition Manolo Sanctis, 2011

    Une bande-dessinée remarquablement documentée, qui vaut bien des ouvrages historiques, retraçant l’évolution des musiques électroniques, de la naissance du disco à la révolution techno, à travers toute une galerie de personnages réels et fictifs.



  • BREWSTER Bill, BROUGHTON Frank, Last Night a DJ Saved My Life – The History of the Disc Jockey, Londres, Headline, 1996, réédition 2006

    Un ouvrage dense et fouillé, qui puise aux sources de l’histoire du DJ (dès la fin de la seconde guerre mondiale), raconte son évolution, établit la généalogie de ses pionniers, pose les bases de son esthétique et analyse son impact sur la culture des années 1970 à 2000.

    La grande qualité des deux auteurs de ce livre de référence, est d’avoir véritablement enquêté sur l’histoire du DJ, effectué de nombreux entretiens, recoupé les informations, alors que beaucoup d’autres auteurs se sont contentés de reprendre des informations déjà publiées dans la presse ou différents ouvrages. Ce sérieux, ajouté au sens du détail et de l’anecdote, font de cet ouvrage un livre de référence dans le domaine de l’histoire de la dance-music. Disponible en anglais.



  • BREWSTER Bill, BROUGHTON Frank, The Record Players : DJ Revolutionaries, Londres, 2010, DJ History

    Un ouvrage particulièrement riche et documenté, consacré aux grands DJ de la disco, la house, la techno, le hip hop et le reggae, signé par les deux journalistes auteurs du livre de référence, Last Night A DJ Saved My Life. Disponible en anglais.



  • BRUN-LAMBERT David, GARNIER Laurent, Electrochoc, Paris, Flammarion, 2003

    Une biographie relatant les quinze premières années de la carrière du DJ pionnier français, Laurent Garnier, dont les confidences sont ici recueillies par le journaliste David Brun-Lambert. Dans cet ouvrage, il évoque l’Angleterre de la fin des années 1980, l’atmosphère de la discothèque The Hacienda à Manchester, les premières raves en Europe, la naissance de la scène allemande, ses voyages à Detroit ou ses premières expériences de musicien. Ce livre vivant, rempli d’anecdotes, doit sa qualité à la verve, à l’enthousiasme et à la générosité de l’un des plus célèbres DJ internationaux.



  • BUSSY Pascal, Kratwerk, Le mystère des hommes-machines, Camion Blanc, 2000

    Cette biographie minutieuse et détaillée de Kraftwerk, la célèbre formation électronique et techno-pop allemande, couvre la période 1968-1991, soit l’essentiel de l’activité du duo composé de Ralf Hütter et Florian Schneider, depuis leurs premières tentatives expérimentales à la fin des années 1960, jusqu’à leurs albums majeurs de la fin des années 1970 et début 1980. Dans l’approche musicale comme biographique, ce livre constitue l’une des meilleures sources d’information existantes sur le groupe.



  • COLLIN Matthew, GODFREY John, Altered State, The Story of Ecstasy Culture and Acid House, Londres, Serpent’s Tail, 1997

    Ce livre anglais, non traduit, relate l’explosion du mouvement acid-house et rave en Angleterre de 1987 à 1998. C’est un ouvrage de référence qui examine le contexte social, culturel et politique de l’émergence de ce mouvement musical en Angleterre, ainsi que l’idéologie sous-jacente du mouvement, les mythes de la « culture ecstasy » et l’apparition des différents genres musicaux électroniques.



  • COX Christoph, WARNER Daniel (sous la direction de), Collectif, Audio Culture, Readings in Modern Music, Londres, Continuum, 2004.

    Cet ouvrage, non traduit en français, rassemble de nombreux textes historiques consacrés à l’innovation musicale au cours du 20e siècle. Si l’on y trouve des textes anciens signés Luigi Russolo (le célèbre Art des bruits de 1913), Edgard Varèse ou John Cage, les auteurs exhument aussi des textes plus récents des années 1970, rédigés par Jacques Attali (son classique Bruits, ouvrage de référence dans les pays anglo-saxons), Brian Eno (sur l’ambient ou le studio comme instrument de musique) ou Michael Nyman (sur la notion de musique expérimentale). Plus près de nous, Simon Reynolds revient sur la notion de post-rock qu’il a développé dans les colonnes du magazine Wire dans les années 1990. David Toop revient aux sources du dub et de l’invention technologique jamaïcaine. Le compositeur et essayiste Kim Kascone évoque l’esthétique de l’échec dans l’électronica. Enfin, Ben Neil se penche sur l’esthétique percussive dans le breakbeat, la jungle et l’électronique actuelle.



  • ESHUN Kodwo, More Brillant Than the Sun : Adventures in Sonic Fiction, Londres, Quartet Books, 1998

    L’auteur et journaliste britannique Kodwo Eshun explore ici les mythologies et les innovations de musiciens noirs de l’afro-futurisme, comme Sun Ra, Alice Coltrane, Pharaoh Sanders, Jungle Brothers, Tricky, Underground Resistance, Dr Octagon ou 4 Hero. Cette notion désigne comment ces musiciens de jazz, de rap, de dub, de jungle ou de techno inventent, grâce à leur imaginaire autant musical, vocal que graphique, des sonic fictions (ou fictions sonores), que l’on pourrait définir comme des mythologies artistiques personnelles. Ces mythologies afro-futuristes s’inspirent à la fois de la culture de la diaspora noire, de la science-fiction et de la métaphysique. En anglais.



  • ESHUN Kodwo, TOOP David, REYNOLDS Simon, SHAPIRO Peter, YOUNG Rob : Modulations : une histoire de la musique électronique, Paris, Allia, 2004

    Un livre principalement consacré aux différents genres esthétiques qui, dans l’histoire de la musique populaire, composent la mouvance électronique : kraut-rock, disco, dub, jazz-funk, techno, house, hip hop, jungle, ambient et downtempo. À noter qu’un chapitre est consacré aux pionniers et aux expérimentations qui ont précédé les années 1960, un autre à l’évolution des technologies et des instruments et que le tout est accompagné d’interviews et d’un glossaire.

    La structure de ce livre, construit autour de différents genres musicaux, peut paraître arbitraire et limitée. Toutefois, l’ouvrage rédigé au terme des années 1990 par une poignée de spécialistes de la presse britannique offre un bon panorama de la scène électronique des années 1960 à 1990.



  • FIKENTSCHER Kai, You Better Work ! : Underground Dance Music in New York City, Wesleyan University Press, 2000

    Entre le milieu des années 1980 et la fin des années 1990, New York est la capitale de la house et de la dance music. Cette scène est rassemblée autour de clubs comme le Tunnel, Mars, Twilo et Palladium où officient des DJ stars comme Junior Vasquez, David Morales, Little Louie Vega ou Danny Tenaglia. Ce livre en forme d’étude sociale et politique, particulièrement documenté, met notamment en relief, outre les nombreuses figures artistiques de cette période, la communauté gay et ses combats. L’auteur n’oublie pas non plus l’importance du gospel et de l’église dans l’émergence de cette musique plus spirituelle qu’on ne le croit, ainsi que l’évolution des techniques inventées par les DJs. En anglais.



  • GAILLOT Michel, NANCY Jean-Luc (entretien avec), MAFESSOLI Michel (entretien avec), Sens Multiple - Techno : un laboratoire artistique et politique du présent, Paris, 1998, Dis Voir.

    Sous l’impulsion du phénomène des raves, le jeune philosophe et critique d’art Michel Gaillot s’interroge sur les notions de transe, de communauté, de fête, de célébration, de création partagée. Ses réflexions sont complétés par deux longs entretiens menés sur le même sujet, l’un avec le sociologue Michel Maffesoli (auteur du célèbre ouvrage Le temps des tribus, La Table Ronde, 1988), le second avec le philosophe Jean-Luc Nancy. Selon l’auteur, « par l'appropriation et le détournement de la technologie à des fins festives et esthétiques, le mouvement techno peut être considéré comme une sorte de laboratoire artistique et politique du présent ».



  • GALLET Bastien, Le boucher du prince Wen-houei, enquêtes sur les musiques électroniques, Paris, Musica Falsa, 2002.

    Un ouvrage philosophique consacré à la musique électronique qui apporte un regard original et pertinent sur le phénomène. Le livre met en scène de nombreuses anecdotes et de nombreux faits historiques que l’auteur éclaire à l’aide de son bagage philosophique, rendant l’ouvrage particulièrement vivant et stimulant. Bastien Gallet aborde ainsi la question de la perception et de l’écoute, tant du point de vue mental que physique, mais aussi la notion de technique, au sens où selon lui, « l'histoire de la musique électronique au 20e siècle est l'histoire des différentes stratégies que les musiciens ont inventées afin de domestiquer des techniques sans cesse nouvelles ». Il aborde par ailleurs avec un regard tout aussi neuf, la question du live et du geste musical, la dimension fétichiste ou magique du sampling, la notion d’œuvre chez les musiciens électroniques ou enfin Nietzsche et la philosophie de l’écoute.



  • HOLMES Thom, Electronic and Experimental Music, New York, Routledge, 1985-2002

    Un ouvrage très complet consacré aux musiques expérimentales, savantes et avant-gardistes de la sphère électronique, de la fin du 19e siècle aux années 1990. Un ouvrage de référence, très pédagogique, à la fois historique, technique et esthétique, dans lequel l’auteur s’attarde sur des figures comme John Cage, Robert Ashley, Raymond Scott ou Wendy Carlos. En anglais.



  • JOURDAIN Stéphane, French Touch : des raves aux supermarchés, l'histoire d'une épopée électro, Paris, Le Castor Astral, 2005

    Ce livre-reportage retrace l'aventure du mouvement musical connu sous le nom de « French Touch » apparu en France vers le milieu des années 1990, autour de musiciens et de groupes comme les Daft Punk, Motorbass, Mr Oizo, Dimitri From Paris, Air ou Bob Sinclar.



  • KELLY Caleb, Cracked Media, The Sound of Malfunction, Cambridge, MIT Press, 2009

    Ce livre s’interroge sur l’esthétique de la défaillance telle qu’elle a été développée à partir de la moitié des années 1990 sur la scène électronique. Inspirés par une tradition musicale allant des avant-gardes artistiques du début du 20e siècle aux pionniers du scratch, des musiciens comme Oval et Yasunao Tone détournent de leur usage premier des lecteurs de CD, dont ils utilisent les défaillances techniques. Ils développent dès lors une esthétique de l’erreur et du glitch numérique qui s’impose peu à peu au sein d’un courant désignée sous le terme d’électronica. En anglais.



  • KOSMICKI Guillaume, Musiques électroniques : des avant-gardes aux dance floors, Marseille, Le mot et le reste, 2009

    Une histoire globale et un panorama complet de la musique électronique, des inventions et des machines de la fin du 19e siècle jusqu’aux récentes mouvances techno. Cet ouvrage très accessible et très pédagogique, qui constitue une bonne entrée en matière pour le néophyte, expose la double nature de la musique électronique, issue à la fois de la culture populaire et des recherches des avant-gardes.



  • KYROU Ariel, Techno Rebelle, un siècle de musiques électroniques, Paris, Denoël, 2002

    Un livre de référence dans lequel l’auteur nous raconte la grande histoire de la musique électronique, depuis les premières et folles inventions de la fin du 19e siècle, jusqu’aux débuts des années 2000. L’auteur insiste notamment sur l’identité hybride de la musique électronique, dont la nature tient à sa double filiation, issue de la culture populaire comme de la musique savante. Des artistes comme Kraftwerk, ou la fameuse Messe pour le temps présent composée en 1968 par Pierre Henry et Michel Colombier constituent à ce titre pour l’auteur, des œuvres et des artistes de référence.

    Rédigé d’un ton vif, souvent malicieux, humoristique et très personnel, le livre possède une forme originale, constituée comme une suite de plateformes et de courts chapitres historiques, évoquant la forme d’un livre hypertexte, que l’on peut lire de façon libre.



  • KYROU Ariel, LELOUP Jean-Yves, RASTOIN Pierre-Emmanuel , RENOULT Jean-Philippe, Global Tekno Vol.1, voyage initiatique au cœur de la musique électronique, Paris, 1999, Camion Blanc

    KYROU Ariel, LELOUP Jean-Yves, RASTOIN Pierre-Emmanuel, RENOULT Jean-Philippe, Global Techno Vol.1.1, l’authentique histoire de la musique électronique, Paris, 2008, Scali

    Cet ouvrage collectif rassemble une série de dix récits, dix voyages menés dans différentes villes historiques et symboliques du mouvement techno, de la fin des années 1980 à la fin des années 1990 : New York, Chicago, Detroit, Paris, Vienne, Berlin, Barcelone, Philadelphie, Ibiza et Londres. Un avant-propos historique, riche et détaillé permet d’éclairer le lecteur sur l’histoire de la musique électronique qui a précédé l’explosion techno.

    L’angle choisi par les auteurs est celui du reportage, du récit vécu au cœur des villes qui firent l’effervescence du mouvement techno. On retrouve dans cet ouvrage de nombreux portraits, de stars bien sûr, mais aussi de musiciens méconnus ou même d’anonymes. L’approche se veut avant tout humaniste, à des années-lumières des ouvrages historiques ou sociologiques que l’on retrouve souvent dans l’univers de l’édition dédié à la musique.

    À noter que la version 2008 du livre, titrée Global Techno 1.1, comporte trois nouveaux chapitres, consacrés à Montréal, Tokyo et Sheffield, ainsi que de nombreux et longs entretiens réalisés avec des musiciens historiques comme Juan Atkins, Jean-Michel Jarre, Kraftwerk, Pierre Henry, David Toop, etc.



  • LELOUP Jean-Yves, Digital magma : de l’utopie des raves-parties à la génération ipod, Paris, Scali, 2006

    Dans cet essai imaginé au cours des années 1990 et paru en 2006, j’ai décrit comment l’émergence de la musique électronique, d’une nouvelle génération d’artistes et des technologies numériques, ont bousculé le paysage musical mondial. Du côté des musiciens, depuis la fin des années 1980, le mouvement techno, et ce que l’on nomme aujourd’hui les musiques électroniques, ont apporté un nouveau souffle, balayant parfois l’ordre établi par le rock et la pop, et ont imposé de nouvelles règles du jeu : créations partagées et éphémères, sampling généralisé, règne du DJ, pratique du mix et du remix, nouvelle et micro-économie… Toutefois, cette révolution esthétique, qui a fini par contaminer une grande partie de la musique au cours des années 1990, ne se limite pas aux seuls artistes. La démocratisation du numérique, des moyens de diffusion, d’échanges et d’écoute, transforme le rapport du public à la musique. La génération MP3 des années 2000, au-delà de la simple question du piratage, invente aujourd’hui de nouveaux codes, de nouvelles pratiques, qui bousculent notre façon de « consommer » la culture.



  • MABILON-BONFILS Béatrice, La fête techno : tout seul et tous ensemble, Paris, Autrement, 2004

    Un ouvrage aux frontières de la politique, de la sociologie et de l’anthropologie, consacré aux fêtes techno qui, en France, ont connu un grand succès entre 1991 et 2004. L’auteur, politologue, a interviewé ici nombre de spécialistes, sociologues et militants actifs du mouvement. Selon elle, la fête techno « cristallise le doute identitaire du monde post-industriel », ainsi que « nombre de paradoxes, notamment ce désir ambivalent d’être « tout seul et tous ensemble », à l’heure où l’on parle d’une société à l’individualisme exacerbé et au déficit de communion et de sacré ».



  • MABILON-BONFILS Béatrice, POUILLY Anthony, La musique techno, art du vide ou socialité alternative ?, Paris, L’Harmattan, 2002

    Cet ouvrage rédigé par une universitaire en sciences sociales et un journaliste s’interroge à la fois sur la musique électronique et sur le phénomène des raves. Les auteurs y explorent la notion d’individualisme contemporain et pointent une nouvelle forme de réunion et de communion entre les danseurs qui se manifeste par la mise en place d’une « participation politique affinitaire ». Au sein de cette socialité alternative, les ravers opéreraient un partage intime de sensations, de vécus, de paroles dites et non-dites, construisant une nouvelle façon de vivre ensemble. Le livre est aussi particulièrement détaillé sur la façon dont la musique techno véhicule une certaine forme d’utopie, de symbolique ou de sacré.



  • MICHAUX Yves, L’art à l’état gazeux : essai sur le triomphe de l'esthétique, Paris, éditions Stock, 2003

    Dans cet essai, le philosophe français décrit une société actuelle dominée par la beauté. Selon l’auteur, « la beauté est supposée être partout : dans les produits packagés, les corps du body-building, l'environnement préservé, la nourriture sur les assiettes. Ce triomphe de l'esthétique s'accomplit dans un monde vide d'œuvres d'art, au sens de ces objets rares qu'on accrochait naguère dans les musées et qu'on venait contempler religieusement. Ce qui remplace l'œuvre ? Des « installations », des « performances », des expériences esthétiques où il ne reste plus qu'un gaz, un éther, une buée artistique. Il est urgent de voir qu'on est en présence d'un nouveau régime de l'art, que les temps modernes et même postmodernes sont derrière nous. Il nous faut aussi comprendre cette nature gazeuse de l’art pour saisir le monde et la culture où désormais il se diffuse ». De nombreux parallèles existent entre cet état décrit par Yves Michaud et certains phénomènes esthétiques associés à la musique électronique.



  • POSCHARDT Ulf, DJ Culture, 1995, Paris, Kargo/L’Éclat.

    Le principal attrait de ce livre est historique. L’auteur allemand nous conte l’histoire passionnante et détaillée de la figure du disc-jockey, dont le terme désignait après la seconde guerre mondiale aux États-Unis, l’animateur de radio. Le livre consacre une large part à cette histoire méconnue et rappelle le rôle de personnalités comme Wolfman Jack ou Alan Freed, qui firent beaucoup pour populariser le rock et la musique noire auprès d’un public blanc. Le livre raconte par la suite l’émergence du DJ disco, jusqu’aux platinistes du hip hop et les stars des années techno. Dans la seconde moitié de l’ouvrage, l’auteur tente de définir l’esthétique et la pratique du mix, en confrontant, parfois maladroitement, cette pratique du collage et du mixage à la pensée de philosophes comme Theodor W. Adorno, Walter Benjamin et Gilles Deleuze.



  • POURTAU Lionel, Techno, Voyage au cœur des nouvelles communautés festives, Paris, CNRS Éditions, 2009

    Comme son titre l’indique, voici un ouvrage plongeant au cœur de ces nouvelles communautés festives que constitue l’univers des free parties. L’auteur décrit les comportements et l’idéal de ces raveurs ou « teufers », explique comment ils organisent leurs fêtes, définit la notion de free-party et explore celle de « transe techno ».

    À noter que Lionel Pourtau est un disciple du sociologue et philosophe Michel Maffesoli, célèbre auteur du livre Les tribus (1988, La Table Ronde), dont les théories ont marqué toute une génération d’auteurs des années 1990 s’intéressant aux cultures populaires. Enfin, ce livre atteste de l’angle sociologique, ethnologique ou anthropologique que de nombreux auteurs français ont adopté afin de parler du phénomène techno en France. Dans de nombreux ouvrages français, c’est plus souvent cet angle qui a été choisi, au détriment d’un point de vue esthétique ou artistique.



  • RICHARD Raphaël, Histoire des DJ… et de leur influence sur la musique, Camion Blanc, 2010

    Ce livre retrace la naissance parallèle des trois mouvements musicaux qui ont accompagné l’émergence de la figure du DJ : le reggae, le hip hop et la musique électronique. Grâce à cette variété d’approches, ce livre possède un angle original, qui permet de mieux comprendre les convergences et les similitudes nombreuses existant entre le reggae, le hip hop et la disco (puis la house) qui naissent et se développent pour la plupart entre la fin des années 1960 et la fin des années 1970.



  • PRENDERGAST Mark, The Ambient Century : from Mahler to Moby – the Evolution of Sound in the Electronic Age, Londres, Bloomsbury, 2003

    Ce classique de la littérature musicale des années 2000, non traduit en français, se penche sur la notion de musique ambient et de paysage sonore. L’auteur évoque l’apport et les innovations de certains artistes du 20e siècle comme Maurice Ravel, Claude Debussy, Arnold Schoenberg, Steve Reich, David Bowie, Can, Jean-Michel Jarre, Cocteau Twins, la nouvelle vague des années 1990, et bien sûr Brian Eno, qui signe la préface de l’ouvrage.



  • RACINE Etienne, Le phénomène techno, clubs, raves, free parties, Paris, Imago, 2002

    Le jeune ethnologue Etienne Racine mène une étude poussée sur les comportements, les attentes et les espoirs de la génération de la techno et des raves parties des années 1990, grâce à un patient travail de terrain, alimenté par de très nombreuses interviews. L’auteur a mené son enquête à travers sa participation à la Mission Rave de Médecins du Monde, dont le but est d’informer les ravers sur les drogues et leurs dangers.

    Au terme de son ouvrage, Racine pointe le côté éphémère de cette période festive dans la vie des participants au mouvement techno. Hormis certains d’entre eux qui choisissent de s’impliquer dans cette musique de manière professionnelle, cette période incarne pour beaucoup de jeunes ravers, le passage de l’adolescence à l’âge adulte, dans un tourbillon de fêtes, de drogues et de sensations.



  • RAPP Tobias, Lost and Sound, Berlin, Techno and the Easyjet Set, Berlin, Innervisions, 2010.

    Connaissez-vous le club mile berlinois ? Aux abords de la rivière Spree, dans le centre de la capitale, c’est là que bat le cœur de la nouvelle scène techno qui a vu le jour vers 2003, autour de clubs désormais réputés comme le Watergate, le Weekend, le Golden Gate, le Berghain et son Panorama Bar, sans oublier le défunt Bar 25. C’est dans ces lieux nocturnes, ignorés de nombreux berlinois, que convergent désormais ceux que l’on nomme l’easyjet set, des fêtards issus des quatre coins de l’Europe qui profitent des tarifs bon marché de la compagnie aérienne low cost Easyjet, pour venir s’immerger dans un bain de techno minimale. C’est entre autre grâce à ces lieux nocturnes que Berlin est devenu au cours de la seconde moitié des années 2000, la capitale mondiale de la scène électronique.

    Journaliste pour le magazine Spiegel, Tobias Rapp décrit avec précision et un grand talent journalistique, cette vie nocturne échevelée et ce nomadisme festif qui ont beaucoup fait pour le renouveau culturel de la capitale allemande. Son livre peut aussi se lire comme un portrait du Berlin moderne, n’oubliant jamais d’enrichir son propos à l’aide d’informations puisées au-delà de la musique et du nightclubbing, dans le domaine de l’urbanisme, de la sociologie et de la politique. Ouvrage disponible en anglais et en allemand.



  • REYNOLDS Simon, Energy Flash, 1998, Londres, Little Brown & Company

    Ce livre, non traduit en français, raconte avec talent et force détails l’émergence de la génération rave en Angleterre. Comme dans les autres ouvrages de Simon Reynolds (Rip It Up and Start Again: Post Punk 1978-1984 ou The Sex Revolts: Gender, Rebellion and Rock 'N' Roll), le journaliste britannique englobe à la fois l’aspect artistique et esthétique de ce mouvement musical, mais aussi le contexte politique (particulièrement les années Thatcher), social et urbain qui l’accompagne. Il insiste notamment sur l’importance de l’ecstasy, une drogue de synthèse largement consommée dans les raves, qui joua le rôle d’accélérateur du phénomène. Sans doute l’ouvrage le plus complet sur l’Angleterre de l’époque.



  • REYNOLDS Simon, Rip it up & start again, postpunk 1978-1984, Paris, Allia, 2007

    Cet ouvrage de référence raconte l’histoire de la musique postpunk entre 1978 et 1984, en Angleterre et aux États-Unis. C’est l’histoire d’une Angleterre où émerge, après la tornade punk de 1977, une multitude de groupes qui veulent à tout prix s’écarter d’un rock rétro symbolisé par le mouvement punk, pour s’ouvrir aux musiques noires et électroniques, et inventer une nouvelle forme de pop moderniste, inspirée par les avant-gardes du 20e siècle.



  • SHAPIRO Peter, Turn the Beat Around : histoire secrète de la disco, Paris, Allia, 2009

    Avec Turn the Beat Around, Peter Shapiro est l’auteur d’un livre de référence dédié à l’histoire du mouvement et du phénomène disco, mais aussi consacré à l’histoire de la culture de la discothèque et de la pratique du deejaying. Son approche est à la fois historique, sociologique, économique et esthétique, ce qui est plutôt rare dans le domaine de la littérature musicale.

    Largement consacré à New York, le livre débute toutefois dans le Berlin et le Paris de la seconde guerre mondiale. Shapiro y évoque la culture des Swing Kids et des Zazous, grands amateurs de musique noire et de jazz. L’auteur raconte par la suite la naissance des discothèques dans le Paris de l’après-guerre, explore le phénomène du twist dans les années 1960, avant d’aborder la naissance de la disco en tant que telle à New York. À travers le phénomène disco, l’auteur dresse aussi le portrait du New York des années 1970 et de sa communauté homosexuelle. Enfin, une grande partie du livre est consacrée à l’analyse du travail et de la discographie de certains musiciens comme Kid Creole, Nile Rodgers ou Sylvester.



  • SICKO Dan, Techno Rebels – The renegades of electronic funk, New York, Billboard Books, 1999

    Une histoire particulièrement détaillée de la techno à Detroit, couvrant la période des années 1980 et 1990, mais hélas seulement disponible en anglais. L’auteur, originaire de Detroit, relate les années pré-techno de la ville et revient notamment sur les premières années des pionniers du genre techno, que l’on a appelé les « Belleville Three » : Juan Atkins, Kevin Saunderson et Derrick May. Il évoque aussi le contexte social et urbain dans lequel cette musique est apparue.



  • SONHORS, Panorama musiques électroniques, 2003, http://sonhors.free.fr

    Un ouvrage en ligne, particulièrement bien documenté, publié de façon anonyme par le magazine en ligne http://sonhors.free.fr, consacré à l’histoire des instruments électroniques. L’ensemble est complété par une imposante bibliographie ainsi qu’une discographie consacrée aux avant-gardes électroniques.



  • TOOP David, Ocean of Sound – Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther, Paris, Kargo/L’Éclat, 2000

    À travers un récit mêlant souvenirs personnels, analyses esthétiques et récits historiques, David Toop livre une réflexion personnelle et inédite sur la notion d’atmosphère, d’immersion sonore et de musique ambient, croisant différents types de pratiques menées au cours du 20e siècle, allant du free-jazz à l’électronique, en passant par le rock ou la musique rituelle.

    Le Britannique choisit comme point de départ de son livre la fin du 19e siècle et la découverte par Claude Debussy de la musique balinaise lors de l’exposition universelle de 1889, constituant pour une lui une date symbolique dans l’histoire et l’évolution de la musique moderne. On suit l’auteur au fil de ses flâneries, entre les époques et les genres musicaux, évoquant tout à tour le symboliste Joris-Karl Huysmans, le musicien Daniel Lanois, le groupe Kraftwerk, l’art sonore au Japon ou les pratiques cultuelles des Indiens Yanomamis. À travers ces récits, le but ultime de l’auteur est de nous apprendre, ou nous réapprendre, à être à l’écoute du monde.





Sommaire

  • Introduction : Qu'est-ce que la musique électronique ?

  • Quelles sont les premières expérimentations des technologies dans la musique ?

  • Comment l'électronique est-elle devenue pop (1968-1988) ?

  • Qu'est-ce que la house, la techno, quelle est leur histoire et leur descendance (1988-2011) ?

  • Quelles sont les pratiques et l'histoire des DJ ?

  • Quelle est la place des femmes dans la musique électronique ?

  • Quels sont les outils et les technologies de la musique électronique ?

  • En quoi les pratiques électroniques ont-elles transformé la musique et la culture de la fin du 20e siècle ?

  • Où et comment s'écoute la musique électronique ?

  • Quels sont les grands courants esthétiques actuels de la musique électronique ?

  • Festivals, lieux, clubs et événements

  • Bibliographie




    © Leonardo/Olats & Jean-Yves Leloup, décembre 2011
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